Benjamin Clementine en concert : la force tranquille

Benjamin Clementine en concert : la force tranquille

Si j’avais déjà entendu nombreuses critiques élogieuses au sujet de D’Angelo sur scène, je ne connaissais pas grand chose de Benjamin Clementine (même si primé aux Victoires de la Musique) et ne me fiais qu’à son excellent premier album pour prendre ma place de concert. Pour cause, At Least For Now, sorti le 12 janvier dernier, figure déjà sur mon podium des meilleurs opus de l’année 2015, et plus globalement, des meilleurs premiers opus pour un chanteur.

Benjamin Clementine – At Least For Now

Teintée de Soul, de Jazz, de Classique ou encore de Gospel, la musique de Benjamin Clementine est difficilement définissable. De la même manière, il n’est pas aisé de se faire un avis définitif sur At Least For Now après une seule écoute : l’univers surprend, la voix déroute et l’interprétation interloque. Sur scène, le personnage est encore plus indomptable au premier abord.

Sans un mot, le regard fuyant, Benjamin Clementine atteint de manière très discrète son piano, lieu qu’il ne quittera plus durant l’heure et demie de représentation. Aidé d’un violoncelle et mis en valeur par un simple halo de lumière, le timide garçon gagne en assurance au fil des titres et livre ses émotions en toute simplicité. Si le début du show est un peu crispé, il suffira d’un titre ou deux pour que la machine s’enraye et pour que la puissance de l’organe vocal de Monsieur Clementine résonne dans toute la salle, provoquant une ambiance douce et intimiste.

Benjamin Clementine - At Least For Now
At Least For Now (album)

 

Benjamin Clementine – La révélation

Tantôt parlées, tantôt murmurées ou tantôt chantées, les chansons qui composent la tracklisting du concert (la totalité de l’album, à vrai dire) sont interprétées avec justesse et force. Tel un conteur d’histoire ou un sorcier vaudou, Benjamin Clementine livre des prestations toutes plus habitées les unes que les autres. Nul besoin de grands artifices ou de discours pompeux, son talent parle de lui-même lorsqu’il est sur scène. Les interprétations magistrales de Condolence, Nemesis, London et I Won’t Camplain lors du rappel en sont les parfaits exemples. Une claque vocale et émotionnelle.

Après de vives acclamations à la fin du concert, un second rappel a lieu, obligeant celui qui aura ému et impressionné toute une salle à revenir sur scène. Demandant au public de lui souffler des idées, il choisit finalement Mathematics (titre de son EP sorti l’année dernière) et termine en apothéose avec une reprise très personnel de Emmenez-moi de Charles Aznavour (dont un extrait est à visionner ci-dessous). Un véritable moment de partage et de symbiose avec le public plus qu’emballé et conquis par le charismatique londonien.

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