Miguel, ou l’un des artistes les plus talentueux d’aujourd’hui

Miguel, ou l’un des artistes les plus talentueux d’aujourd’hui

Le 29 juin dernier, le 3ème album de Miguel, Wildheart, est sorti dans le monde… presque dans l’indifférence totale, à vrai dire, et c’est bien malheureux. Wildheart est un disque ambitieux et audacieux, c’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de revenir dessus, d’autant que Raphael Saadiq a participé à la production d’un des titres (FLESH).

Miguel : biographie et débuts dans la musique

Né d’un père mexicain et d’une mère afro-américaine à Los Angeles en 1986, Miguel Jontel Pimentel s’intéresse très rapidement à la chanson après un premier penchant pour la danse. En 2004, alors qu’il est âgé de 18 ans à peine, il signe avec un label indépendant, Black Ice, et propose un single (Getcha Hands Up!) dont le rôle est d’introduire un premier album quelques mois plus tard. Cependant, son image ne lui convient pas (T-shirt, baggy, raggaeton, bref, le stéréotype du chanteur latino), et il décide de ne pas poursuivre la collaboration.

Il signe alors chez Jive Records, enregistre son premier album, All I Want Is You, et écrit pour des artistes tels que Usher, Asher Roth, ou encore Musiq Soulchild (écouter sa démo). Malheureusement, bloqué par son ancien label qui lui intente un procès pour rupture de contrat, il ne peut sortir All I Want Is You avant novembre 2010, soit deux ans après la fin de sa création. Entre temps, il sort tout de même Mischief, une mixtape qui présente l’univers du chanteur-compositeur-musicien, à savoir le R&B, le Rock, le Hip-Hop, principalement.

All I Want is You et Kaleidoscope Dream

Miguel albums

Le premier album, All I Want Is You, est introduit par le single du même nom (clip), en featuring avec le rappeur J. Cole sur une production de Salaam Remi. Le titre atteint la 58ème place du Hot 100 américain et la 7ème au classement R&B. Le single suivant, Sure Thing, fait encore mieux, en se classant 36ème au Hot 100 et en tête des charts R&B. Résultats, l’album se vent à plus de 400 000 exemplaires.

Ce succès sera confirmé en 2012, avec le second opus : Kaleidoscope Dream (RCA). Le lead single, Adorn, un mid-tempo R&B humide, lui fait gagner son deuxième numéro 1 des charts R&B US, un Top 20 au classement général, et surtout, une exposition radiophonique au-delà des frontières américaines. Les singles Do You… et How Many Drinks? se chargeront par la suite de maintenir l’album dans les charts US, finissant sa course à plus de 550 000 exemplaires.

Un univers à la croisée de différents styles

Si le succès de Miguel est croissant (ventes, collaborations prestigieuses, 1 Grammy Award et 2 Soul Train Awards gagnés, etc.), il en est de même pour la qualité de sa musique. Citant Prince, David Bowie, Jimi Hendrix, Freddie Mercury, Phil Collins, Donny Hathaway, The Notorious B.I.G. et Kanye West comme ses principales références et ne cachant pas son admiration pour Stevie Wonder ou James Brown, Miguel est un artiste aux goûts éclectiques, et cela se ressent dans sa musique.

Si le premier album est plus consensuel que le second, il met déjà en avant cette volonté que le chanteur-guitariste-auteur a de mélanger les genres musicaux : sur base de R&B, il insère du rock, de la pop, du hip-hop, et même du funk. Le tout est subtilement dosé et sublimé par une voix soulful et par des paroles tantôt crues (Pussy is Mine, Teach Me, Use Me…), tantôt sensuelles (Adorn, To The Moon) dans son domaine de prédilection : la séduction et le sexe.

Déjà très abouti et ambitieux, Kaleidoscope Dream est à mes yeux une des références en matière de R&B contemporain, au même titre que le Channel Orange de Frank Ocean, tous deux emprunts d’une couleurs musicale, d’une ambiance et d’une musicalité incroyable.

Wildheart, le 3ème album de Miguel

C’est donc Wildheart qui est en charge de succéder à Kaleidoscope Dream juste avant l’été 2015. Porté par le single Coffee, un mid sens/sexuel à l’instar de Adorn, le disque est dans la continuité du précédent : hétéroclite au niveau de sa couleur, impeccable sans sa production, et explicite au niveau des paroles et des visuels (d’ailleurs, la pochette de l’album ne trompe pas).

Miguel Wildheart

  1. A Beautiful Exit
  2. DEAL
  3. The Valley
  4. Coffee
  5. NWA (feat. Kurupt) (clip)
  6. Waves
  7. What’s Normal Anyway
  8. Hollywood Dreams
  9. …goingtohell (clip)
  10. FLESH
  11. Leaves
  12. Face the Sun (featuring Lenny Kravitz)
  13. gfg
  14. Destinado a Morir
  15. Simplethings
  16. Damned

C’est donc sur ce créneau que joue une fois de plus Miguel, notamment sur Coffee, le lead single, mais aussi sur Simple Things (qui rappelle certains titres de son précédent disque), FLESH (pépite vocale co-produite par Raphael Saadiq), ou encore The Valley, titre sur lequel il dit vouloir « ba*ser comme dans la Vallée » (il fait référence à la vallée de San Fernando, l’un des centres mondiaux de la production pornographique).

Si depuis le début de sa carrière les doubles sens et les paroles évocatrices des paroles de Miguel ne sont pas sans rappeler un certain Prince, la pochette érotique peut ici être un clin d’œil à Lovesexy, tandis que la richesse des influences et la touche psychédélique peuvent aussi être influencée par le même auteur… Sans aller jusqu’à comparer l’incomparable (Prince est un prodige, multi-instrumentaliste, auteur, compositeur, interprète, showman, producteur et j’en passe), l’inspiration princienne est belle et bien là à bien des égards.

Le sexe n’est pas que le seul sujet évoqué dans ce disque, puisque sur Leaves par exemple, Miguel nous parle de sa « douce » Californie natale avant de nous livrer une sorte de thérapie existentielle sur le splendide What’s Normal Anyway. Le solo de guitare électrisant de Lenny Kravitz sur Face The Sun, titre Pop-Rock efficace doit aussi être évoqué dans cet article, tout comme le plus urbain NWA, où la manière de poser de Miguel peut rappeler Michael Jackson à certains moments.

Vous l’aurez compris, ce dernier album de Miguel est une réussite sur tous les plans : que ce soit au niveau des thèmes évoqués, de l’univers de l’album, de la variété des productions, des styles musicaux, des paroles, ou encore de la manière dont le chanteur utilise sa voix. D’abord intrigant avec son premier album puis convaincant avec son second, Miguel montre avec Wildheart, son troisième opus, qu’il est sans conteste l’un des artiste les plus passionnants et intéressants de sa génération. Et en plus, il est aussi doué en studio qu’en live !

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