Paloma Faith – A Perfect Contradiction (chronique)

Paloma Faith – A Perfect Contradiction (chronique)

Je vous laissais lundi avec la première partie de la chronique sur A Perfect Contradiction, le nouvel album de Paloma Faith. Aujourd’hui, je vous propose de rentrer dans les détails en vous livrant mes impressions sur cet album et sur les différentes chansons qui le composent.

Une première moitié de disque irréprochable

L’album est introduit par Can’t Rely On You, le premier single produit par Pharrell Williams. Comme je le disais dans l’article de lundi, après l’univers dans lequel elle nous avait emmenés avec l’album précédent, je ne m’attendais pas à ce changement de style. Bien que l’on reconnaisse toujours sa voix et sa patte, ce single aux sonorités rétro et funkys était déroutant. Une fois le choc passé, la chanson s’est avérée être un vrai grower, addictive malgré son caractère répétitif.

La piste suivante est l’une de celles produites et écrites par Raphael Saadiq (aidé de son acolyte Taura Stinson) : Mouth to Mouth. En toute objectivité, il s’agit d’une des meilleures de l’album. Non pas parce que Raphael Saadiq en est l’auteur, puisque ça ne ressemble à rien à ce qu’il a fait par le passé (le synthé et l’ambiance très 80’s, c’est plutôt inédit pour lui) mais parce que l’ambiance qui s’en dégage est énorme. C’est dommage qu’il n’y ait pas d’adjectif adéquat plus joli puisque que j’ai envie d’insister et de le répéter : cette chanson est énorme. La production lourde et pesante ainsi que l’interprétation de la chanteuse rendent le titre envoutant et très percutant. Je déplorerais néanmoins l’absence d’un pont à la fin qui m’aurait achevé pour de bon.

Pour le titre suivant, changement d’ambiance : place à Take Me, un titre soul aux airs « Aretha Franklinesques ». C’est simple, la chanson est un hymne au déhanchement (moi à ce moment précis) et quiconque l’écoutera en conviendra (toi juste après l’avoir écoutée).

Calmons-nous avec Only Love Can Hurt Like This, une puissante et poignante chanson. Je me tenterais presque à dire qu’il s’agit de mon titre préféré de l’album. J’avais découvert il y a quelques semaines la version live, et j’avais déjà compris qu’il s’agirait d’un de mes titres de l’année. La version studio est aussi réussie, bien que différente, puisque la production est lourde et l’instrumental très présent. Je suis ravi que Paloma ait pensé à mettre une version plus épurée et acoustique dans l’édition Deluxe (version Off the Cuff), cela permet presque d’écouter deux chansons différentes.

Après cette séquence émotion, repartons de plus belle avec Other Woman et son rythme endiablé. La chanson est encore une fois très bonne et agréable, c’est une très bonne piste d’album. C’est un peu dommage cependant que ce soit un peu trop monocorde et répétitif et qu’il n’y ait pas une plus grande progression dans la construction du titre. Un détail, passons !

Une seconde moitié de disque plus subtile

Nous voici déjà à la piste 6 du disque. Les premières notes de musique du titre donnent le ton : le rétro est à l’honneur. Taste My Own Tears est une jolie chanson aux airs jazzy. La production est bonne mais un peu trop surchargée à mon goût, j’aurais voulu quelque chose d’un peu plus léger pour que l’on puisse apprécier les prouesses vocales de Paloma Faith. Encore une fois, ce n’est qu’un détail, nul doute que quelques petits lives un peu acoustiques me satisferont.

Trouble With My Baby est du même acabit que Take Me tout à l’heure. C’est vif et nerveux : c’est tout ce que j’aime. J’aurais bien vu une Janelle Monáe poser sur ce titre, d’ailleurs. Si j’avais écouté ce titre indépendamment du reste de l’opus, j’aurais peut-être eu du mal à reconnaître Paloma Faith. Quoi qu’il en soit, le titre reste en tête. Longtemps. Très longtemps.

Sur The Bigger You Love (The Harder You Fall), changement d’ambiance. Ça démarre tout doucement… Pour monter en intensité. On assiste à des poussés de voix de l’artiste assez contradictoires avec la mélodie et les chœurs derrière elle. C’est toute la force de la chanson, de jouer sur les contradictions : dans l’interprétation, dans la mélodie, dans le titre de la chanson, etc., ETC. (si vous voyez où je veux en venir – take a look au titre de l’album – indice).

La piste suivante et l’une des plus intrigantes : Impossible Heart. Titre groovy aux synthés prédominantes pour une ambiance très 80’s à l’instar de Mouth To Mouth. C’est l’un des growers du disque.

On retrouve ensuite la deuxième participation de Raphael Saadiq sur cet album. Accompagné de son neveu Dylan Wiggins et de Taura Stinson, il est l’auteur et le producteur de Love Only Leaves You Lonely. La chanson est une balade plutôt jolie qui remplit bien son rôle de piste 11, ni plus ni moins. Quitte à rendre le morceau un peu plus mémorable, j’aurais aimé que la guitare électrique ait un vrai solo à la fin, que ça explose un peu plus.

C’est sur It’s The Not Knowing que s’achève la version simple de l’opus. La chanson est de Stuart Matthewman (Sade) et constitue une jolie conclusion grâce à ses chœurs un peu gospels.

Notons que dans la version Deluxe de l’album, nous retrouvons des lives ou versions alternatives de Can’t Rely On You, Trouble With My Baby, Only Love Can Hurt Like This et It’s The Not Knowing. Premier, deuxième, troisième et quatrième single ? Un peu trop facile, j’en doute quand même (surtout pour le dernier titre). Bref, l’idée d’inclure des lives est très bonne, Paloma Faith excelle en live, elle apporte encore plus d’ampleurs à ses titres.

Conclusion

Vous l’avez compris, ce dernier album de Paloma Faith me convainc totalement. Alors certes, l’ensemble n’est pas original, inédit, innovant ou tout ce que vous voulez, mais ça fait du bien. Ça fait du bien d’entendre quelque chose d’abouti, de bien produit et de bien exécuté. Ça fait du bien aussi d’entendre Paloma Faith prendre des risques et aller là où on ne l’attendait pas forcément, aller dans cette « contradiction parfaite ».

Certains diront qu’elle a choisi la facilité en faisant appel à Pharrell Williams pour le premier single, d’autres, comme moi, diront que cet argument est stupide. Pharrell Williams producteur du moment ? Certainement. Pharrell Williams synonyme de succès ? Moui, sans doute. Il n’en reste pas moins que c’est l’artiste qui doit porter une production, et non l’inverse. Dans le cas de Can’t Rely On You, la mission est pleinement accomplie.

En plus, le reste de l’album est cohérent et dans la même veine que ce single, mélangeant funk, soul, R&B… et groove, finalement. La « contradiction parfaite », elle est là. Paloma Faith, jeune britannique rousse, (bien) blanche de peau, faisant de la musique noire.

A la manière d’une pièce de théâtre comme le suggère la pochette, les actes s’enchaînent de manière logique, sans toutefois se ressembler. Une chanson = un style et une ambiance. Tantôt la mélancolie, tantôt la nostalgie, l’euphorie, la tristesse ou la joie, les chansons qui composent A Perfect Contradiction font appel à une multitudes de sentiments, toujours de manière juste et touchante…

Note globale : Notation de 4 étoiles et demie

 

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