Solange – A Seat At The Table (Review)

Solange – A Seat At The Table (Review)

Solange a sorti son 3ème opus le 30 septembre dernier (sortie physique le 18 novembre), le très bon A Seat at The Table, déjà acclamé par les critiques (score metacritic de 90/100 pour le moment) et par les auditeurs (#1 sur Itunes US). Une belle réussite pour celle que l’on appelle trop souvent « la sœur de Beyoncé ». Sur cet album aérien et dépouillé, Solange s’est entourée de beau monde, dont Raphael Saadiq qui participe à la production, à la composition ou à la musique de 7 (+ 1 interlude) des 13 titres de l’album. Retrouvez son interview à ce sujet, dans un autre article.

Solange – A Seat At The Table

Solange A Seat At The Table

  1. Rise
  2. Weary
  3. Interlude: The Glory Is in You
  4. Cranes in the Sky
  5. Interlude: Dad Was Mad
  6. Mad (feat. Lil Wayne)
  7. Don’t You Wait
  8. Interlude: Tina Taught Me
  9. Don’t Touch My Hair (feat. Sampha)
  10. Interlude: This Moment
  11. Where Do We Go
  12. Interlude: For Us by Us
  13. F.U.B.U. (feat. The-Dream and BJ the Chicago Kid)
  14. Borderline (An Ode to Self Care) (feat. Q-Tip)
  15. Interlude: I Got So Much Magic
  16. You Can Have It (feat. Kelly Rowland and Nia Andrews)
  17. Junie
  18. Interlude: No Limits
  19. Don’t Wish Me Well
  20. Interlude: Pedestals Scales (feat. Kelela)
  21. Closing: The Chosen Ones

A Seat At The Table : contexte et thèmes de l’album

Quatre ans après True, un EP extrêmement bien produit (Dev HynesBlood Orange était aux commandes) dans lequel elle montrait qu’elle était dotée d’une grande musicalité et d’un univers bien à elle, Solange est revenue cette année avec A Seat At The Table, un projet encore plus ambitieux, aussi bien dans les sujets qu’elle aborde que musicalement.

Si « l’identité, l’émancipation, l’indépendance, le deuil et la guérison » sont les termes qu’elle utilise pour définir son disque, il n’en reste pas moins que le sujet principal est bel et bien la cause noire, le raciste qui sévit de nos jours, l’acceptation de soi en tant que noir-e-s et l’acceptation des autres (« Une place à table » pourrait vouloir dire « une place à la table de l’humanité »). Même si les chansons peuvent paraître personnelle de prime abord, notamment par l’emploi du « je » ou par la présence de Tina Lawson et Mathew Knowles, ses parents, A Seat At The Table est un projet plus large puisqu’il se veut plus que jamais engagé et encré dans son époque.

Solange et ses invités parlent notamment de : l’acceptation de soi en tant que femme noire (la pochette), le respect des noir-e-s (Don’t Touch My Hair : elle fait le parallèle entre les cheveux des noir-e-s et leur âme), l’intégration, la ségrégation et le racisme (Mad, Junie), le « black empowerment » (F.U.B.U. – « Pour Nous, par nous »), la polémique « All live matters » et « Black live matters » (Interlude: Tina Taught Me – « célébrer la culture noire ne veut pas dire que tu n’aimes pas la culture blanche »), la paix intérieure (Cranes in The Sky), la solitude (Weary), la liberté de pensé et d’avoir des convictions (Don’t You Wait), l’avenir (Where Do We Go)…

A Seat at the Table évoque les douleurs, les joies et les interrogations d’une femme noire dans la société actuelle, en se basant sur des faits historiques. Vous l’aurez compris, les paroles sont très riches, les messages sont parfois cachés et les sous-entendus sont nombreux, l’album est à décortiquer, à digérer et à explorer.

A Seat At The Table : collaborations et crédits

Pour cet opus, Solange s’est émancipée de Dev Hynes, dont l’influence était peut-être trop présente sur True. Pour A Seat at The Table, la plus jeune des sœurs Knownles a collaboré avec de nombreux artistes, aux univers et capacités variés. Seulement, il faut savoir que pour cet album sur lequel elle travaille depuis plus de 3 ans, elle a écrit et produit tous les titres, les nombreux noms que l’on voit à côté du sien sont des renforts qui ont participé à un moment ou à autre à l’enrichissement de l’album. Le cœur et l’âme de l’opus viennent belle et bien elle, on le voit d’ailleurs dans le mini-documentaire qu’elle a publiée, on la sent plus qu’impliquée, on sent que ce projet est dans ses veine matin, midi et soir.

Elle décrit par exemple les dessous de la chanson Cranes in The Sky, l’un des titres qu’elle a produit et écrit avec Raphael Saadiq :

Il y a 8 ans, Raphael Saadiq m’a donné un CD sur lequel figuraient quelques instruments seulement : un tambour, des cordes et une basse. Je suis rentré chez moi et j’ai écrit « Cranes in The Sky » cette nui-là dans ma chambre d’hôtel. Quand j’ai fini d’écrire et de créer A Seat At The Table dans ma petite maison de Nouvelle-Ibérie, en Louisiane (celle que l’on voit dans le documentaire, ndlr)… J’ai retouché à « Cranes ». J’ai appelé Raphael et je lui ai demandé s’il pouvait m’aider à améliorer la production de l’album pour en révéler tout le potentiel.

Ainsi, Raphael Saadiq n’est intervenu qu’à la fin du processus de création de l’album, en apportant son expérience et ses conseils, comme une sorte de mentor musical. De la même manière, il a participé aux titres Rise (il pose aussi sa voix), Weary, Interlude: The Glory Is In You, Cranes In The Sky, Interlude: Dad Was Mad, Mad, Where Do We Go et Junie. Signalons également que son neveu, Dylan Wiggins, membre de Smshng Hrts et fils de D’wayne Wiggins, a épaulé Raphael Saadiq sur ces titres. Ci-dessous, le deuxième clip dévoilés et réalisés par son mari Alan Ferguson.

D’autres invités sont présents sur ce disque à l’univers un peu R&B, un peu Hip-Hop, un peu Soul/neo-Soul, voire un peu 80’s (Don’t Wish Me Well) mais surtout très délicat et résolument riche : Lil Wayne, KelelaThe-Dream, BJ The Chicago Kid, Kelly Rowland, Nia Andrews, Kelala, Tweet, Master P, Olugbenga Adelekan, Sean Nicholas Savage, Sampha… Tous sont discrets mais apportent un petit truc en plus sur leur(s) piste(s) respective(s). Notons également une production de Q-Tip pour Borderline (An Ode to Self Care).

Enfin, un dernier mot pour parler de la voix de Solange que je trouve absolument délicieuse sur ce disque, moins poussive que sur Sol-Angel And The Hadley St. Dreams, utilisée à meilleur escient : dans la subtilité. Solange n’a pas une grande voix à la Beyoncé ou à la Mary J. Blige, sa force réside dans sa sobriété et elle l’a bien compris sur A Seat At The Table.



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